Le Blog du Commerce équitable : Un autre mode de consommation !
Une nouvelle façon de consommer équitable à vu le jour en Belgique ! En effet l'équitable se consomme aussi dans les lieux de fête, l'idée est née de l'initiative d'un groupe de bénévoles
des jeunes magasins du monde Oxfam, ils ont crée l'Asbl "ça passe par mes sorties".
Le but est de consommer des produits équitables lors de soirée et dans les bars, on y trouve des produits du "Sud", mais aussi des produits régionaux (bières issus de micro-brasserie). La
sensibilisation est aussi au programme de cette association qui ne se limite pas à la vente de produits. Grâce à cette action, on peut faire la fête sans renoncer à ses convictions, ou du moins à
soulager sa conscience !
L'équitable s'élargit de plus en plus, à travers de nouveaux projets qui permettent de promouvoir ce commerce au sein de notre société. On en peut que saluer cette initiative qui ouvre les
horizons de la conso-équitable !
Liens:
www.info-durable.be/durable.cgi
La plupart du temps, le commerce équitable résulte d'un échange Sud-Nord. Ce qui veut dire que les marchandises doivent être transportées sur de longues distances (Ex: le Café qui vient du
Nicaragua, ou des produits artisanaux du Népal). Ce transport se fait, pour des raisons de coûts par la voie maritime et par conteneur complet car c'est l'unité qui est la moins chère à faire
transporter de nos jours.
En terme de manutention, et de transport le conteneur à bien des avantages mais le délai sont souvent très long (Ex: il faut environ 30 jours pour faire naviguer (1) un conteneur depuis
la Chine jusqu'a l'Europe du Nord). Certaines marchandises peuvent aussi être transportées en Vrac mais compte tenue des faibles quantités que représente le commerce équitable, ce mode de
transport reste encore marginal.
La certification des filières équitables doit se faire pour la chaîne complète du "Petit Producteur" jusqu'au consommateur. Le cas qui nous intéresse aujourd'hui ce sont les
transporteurs. La plupart des navires sont sous pavillon de complaisance (Panama et Liberia) ce qui permet une gestion des navires et des effectifs, je dirais très personnelle et non
contrôlée... En effet les conditions de travail des navigants sont déplorables, ils sont exploités, sous payés et travaillent dans des cadences infernales.
Dans les ports ce n'est pas mieux, certes nos dockers en France sont royalement payés et protégés mais dans le reste du monde les manutentions sont la plupart du temps manuelles pour des salaires
de misère.
L'équitable n'existe pas dans le transport, alors essayons d'élargir le domaine et voyons ce qui se passe en développement durable... La déception arrive aussi vite, a part les plancher en Bambou
(2) de la CMA-CGM (3). Outre le fait que les navires consomment moins et donc rejettent moins de CO2 dans l'atmosphère (c'est ce qu'on appelle la modernité), cela leur permet surtout de diminuer
les charges (c'est la principale motivation). Selon mon avis c'est purement marketing car elle largement communiquée sur ce sujet, pourtant sa flotte de conteneur est de plus d'1 million d'EVP
(4) et ses éco-conteneurs sont seulement 400 dont 200 en propre, soit 0,04% de sa flotte.
Même si l'engagement est faible en terme de développement durable, on peut quand même féliciter les compagnies qui tente de s'engager dans cette lutte, car toutes ne le font pas ! La seule façon
de réduire durablement l'impact du transport sur la planète revient à diminuer le transport, c'est à dire à faire de la décroissance et donc à favoriser les productions locales. Mais là ce n'est
pas gagné...
Si on veut certifier des filières complètes en équitable il va devoir faire une impasse sur le transport maritime car il n'offre pas des conditions favorables pour le commerce équitable, a moins
que le commerce équitable s résume à bien payer uniquement le "Petit Producteur" !
(1) On parle dans ce cas de "Transit Time"
(2) www1.cma-cgm.com/environment/pdf/flooring.pdf
(3) www.cma-cgm.com/
(4) EVP = Equivalent 20 Pieds, c'est l'unité de mesure pour le nombre de conteneur
Je souhaiterai rajouter quelques points sur Andines pour faire suite à l'article précédent. En effet elle est l'initiatrice du mot "commerce équitable" tel que nous le connaissons tous aujourd'hui. Cette expression est apparue lors d'une réunion au sein d'Andines. Le mot "commerce" défini son activité et "équitable" qualifiant le mieux sa philosophie de l'échange. Le terme de commerce équitable a ensuite été repris par tous les acteurs se définissant de ce type de commerce.

Aujourd'hui je vais vous présenter une société pionnière dans le commerce équitable. Une société c'est un bien grand mot, on va plutôt dire une SCOP (1). Cette entreprise c'est Andines,
spécialisée dans la vente de produits alimentaires et artisanaux issus du commerce équitable. Elle dispose d'un site internet qui permet la vente en ligne mais le principal de son activité est
d'être importateur-grossiste.
Elle existe depuis plus de 10 ans, travaille avec 250 groupes de producteurs à travers 20 pays et dispose de plus de 2000 produits. Membre du réseau Minga (2) elle travaille pour
promouvoir le commerce équitable dans l'hexagone comme la plupart des entreprises de commerce équitable. Là ou ça devient intéressant c'est qu'elle a su se forger au fil des ans une
réputation d'entreprise réellement engagée dans ce type de commerce. En effet elle a mis en place une charte qu'elle s'engage à respecter pour garantir l'équité de toute la filière du producteur
jusqu'au consommateur. Pour garantir le respect de cette charte, elle propose une transparence totale dans sa gestion, tant du point de vu de ses comptes (ils sont en libre accès sur son site),
que du point de vu du produit (le prix du produit est décomposé dans son ensemble).
Malgré des débuts difficiles, principalement dû aux problèmes de financements; elle a pérenniser son activité pour aujourd'hui être une grande entreprise qui a dépassé le million d'Euros
de chiffre d'affaires. Elle dispose de 2 structures une coopérative pour la partie professionnelle et une SA pour la partie financière.
Je partage aussi cette vision du commerce équitable voulu par la gérante d'Andines Véronique LACOMME "Ce serait une attitude néocolonialiste de vouloir réduire le commerce équitable à une logique
Nord-Sud. Nous sommes constamment dans une recherche d'équité dans les transactions économiques. Et travaillons avec des producteurs français, toujours en respectant les cultures
locales".
Le commerce équitable ne dois pas s'arrêter aux producteurs du "Sud" en France et en Europe, il y a aussi des producteurs qui souffrent du commerce conventionnel. Je parle des paysans qui
n'ont pas la vie facile et qui survivent uniquement grâce aux aides de l'Europe, mais jusqu'a quand...
Je vous laisse regarder son site internet qui dispose de nombreux produits, présente ses filières, et son organisation.
Liens:
www.andines.com
www.minga.net
(1) SCOP : Société Coopérative Ouvrière de Production, devenue Société Coopérative de Production est une société commerciale. La particularité vient du fait que les salariés-coopérateurs sont
associés dans l'entreprise est détiennent une partie du capital. Ainsi la gestion, les décisions et la richesse sont mieux partagées par l'ensemble des acteurs dans ce type de société.
(2) Minga : C'est une association qui milite pour plus d'équité dans les échanges commerciaux.
Au fur et à mesure du développement du commerce équitable, on voit apparaître de nouveaux produits issus de ce commerce alternatif. Outre les produits historiques comme le café, le thé, le
riz,... On trouve aujourd'hui des cosmétiques.
On retrouve la plupart du temps ces cosmétiques au sein des familles de produits bio et naturels, dans les pharmacies mais de plus en plus dans les grandes surfaces et les grands magasins.
L'engouement pour ces produits va bien au delàs du consommateur puisqu'aujourd'hui il intéresse les grandes marques comme L'OREAL.
Plusieurs études (1) montrent les effets néfastes des cosmétiques traditionnels. Ils ont pour certains des taux importants de substances chimiques qui représentent un danger pour
l'Homme. Ces produits sont principalement destinés à la conservation des cosmétiques. Cette prise de conscience est un facteur de la croissance des cosmétiques naturels et équitables
(2).
L'engagement des entreprises est réel et est influencé par l'opinion qui demande de plus en plus des produits respectueux de l'environnement et des Hommes. Ainsi les enseignes développent des
"cosméquitables" ou au minimum 50% du produits est acquis aux conditions du commerce équitable.
Outre l'aspect durable, les marques surfent aussi sur le coté plaisir, désir et glamour des "cosméquitables" car l'achat solidaire ne doit pas se cantonner à un engagement non plaisant.
Aujourd'hui l'offre est aussi attrayante que les cosmétiques traditionnelles.
Mais attention, car aucun test ne juge l'efficacité des cométiques naturels, la seule chose qui est garantie, c'est le côté durable ! Donc au pire il ne se passera rien, mais vous aurez quand
même fait un acte citoyen !
(1) Green Peace www.greenpeace.org:80/france/press/reports/rapport_cosmetox
UFC Que Choisir
(2) Une étude Plante System/TNS Sofres révèle que 87% des femmes seraient prêtes à remplacer leur cosmétique habituel par un produit bio.
Le segment de la cosmétique naturelle à une prévision de croissance de 8% pour 2008, contre 1% pour la cosmétique traditionnelle selon les Statistiques Euromonitor International
En cherchant des infos sur un sujet qui n'a rien à voir avec le commerce équitable, je suis tombé sur le dernier livre de Robert ROCHEFORT (1), intitulé "le bon consommateur et le
mauvais citoyens".
Voici un petit résumé du livre :
Peut-on rouler en 4x4 et s'alarmer du changement climatique ? Courir les superdiscounts et enrager contre les délocalisations ? La société de
consommation aurait-elle engendré de mauvais citoyens ?
Sur des cas précis, le bio et les OGM, la grande distribution, la voiture, l’argent et le tourisme, Robert Rochefort analyse avec perspicacité les contradictions éthiques de notre mode de
vie.
Il tente de résoudre le paradoxe du consommateur qui se condamne lui-même en tant que citoyen. Il montre que c’est en reconstituant les solidarités sociales que les individus pourront se projeter
dans l’avenir et assumer leurs responsabilités planétaires.
Il parle de commerce équitable, mais pas seulement, selon lui les consommateurs sont devenus égoïstes (ils achètent pour soi, pour se faire plaisir) et ils ont des comportements contradictoires.
Le Français est contre les délocalisations mais il fait ses courses dans les Hard Discounters.
Il affirme (d'après les sondages) que l'intérêt individuel du "moi je" prime sur l'intérêt général et cela porte préjudice à la planète. Mais en même temps, il y a une prise de
conscience évidente des questions écologiques, il suffit de voir l'engouement pour le commerce équitable, le bio, le durable,...
Un autre sujet développé est ce que j'appelle "la consommation de la politique" avec la "marque Sarkozy".
Afin d'avoir un résumé je vous conseille son interview :
http://les-4-verites.france2.fr/index-fr_1024.php?id_article=678
(1) Robert ROCHEFORT est directeur général du CREDOC
Pas facile de se retrouver dans toutes ces appellations entre éthique et équitable, la différence n'est pas si évidente aux yeux des gens qui commencent à peine à se familiariser avec le commerce
équitable.
Le commerce éthique a pour principe le respect les droits sociaux fondamentaux suivants : l'interdiction du travail forcé, l'interdiction de l'exploitation des enfants, le respect de la liberté
d'organisation et du droit de négociation collective, la non-discrimination, une rémunération au moins équivalente au salaire minimum vital ou au salaire minimum légal quand il est supérieur, le
respect des règles concernant la santé et la sécurité au travail, le respect des règles fixant la durée maximale du travail et la rémunération des heures supplémentaires.
Comme le souligne Christian JACQUIAU dans son dernier livre (1), quand l'opinion s'est élevée dans les années 90 contre le travail des enfants dans les usines NIKE, cela venait d'une démarche en
faveur du commerce éthique. C'est une démarche que toutes les entreprises devraient entreprendre car elle est normale et est un rappel aux droits des Hommes.
Tandis que le commerce équitable en plus de respecter les principes éthiques va encore plus loin en prenant en compte l'environnement dans sa globalité : naturel, social, culturel et économique.
L'écologie prend donc son importance dans le commerce équitable car les producteurs doivent avoir une juste rémunération afin préserver les conditions sociales et écologiques dans les régions de
production.
Pour résumer le commerce éthique est une partie du commerce équitable, comme le commerce équitable est une partie du développement durable. La boucle est bouclée !
(1) Les coulisses du commerce équitable, mensonges et vérités sur un business qui monte. Christian JACQUIAU, Mille et une nuits, 2007.
Un "Business équitable" l'idée étant de concilier le commerce équitable au monde des affaires, la chose est loin d'être aisée car le mot "business" ne doit pas s'entendre de façon capitalistique
pour pouvoir se recouper avec le commerce équitable. Le titre du reportage de l'émission complément d'enquête est déjà évocateur du problème dans lequel se trouve le commerce
équitable aujourd'hui.
Ce reportage est centré sur le parcours de Tristan LECOMTE (PDG d'Alter Eco) dans le commerce équitable. Après plusieurs échecs dans l'ouverture de points de vente de produits
équitables, il s'est tourné vers la grande distribution qui concentre à elle seule 90% des achats alimentaires des français. Grande distribution et commerce équitable ne font pas bon ménage mais
c'est une des meilleures façons d'augmenter la notoriété des produits équitables en le rendant accessible au grand public.
Pour les bénévoles des boutiques Artisans du Monde le commerce équitable n'a pas sa place dans des grandes chaînes de distribution car le mode de fonctionnement n'est pas compatible avec ce
"business" équitable. Au dire de certains les conditions dans lesquelles travaillent certaines personnes dans les Hypers ne respectent pas les principes du commerce équitable (surtout du point de
vue social) et donc sortent du "label" commerce équitable. Si on continue le raisonnement il faut de dire que les produits vendus en grande surface ne sont pas des produits équitables puisqu'ils
ne respectent pas toute la chaîne. Il y aurait donc tromperie sur la marchandise ! Publicité mensongère !
C'est surement vrai, mais le commerce équitable ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui sans son entrée dans la grande distribution, et ça tout le monde est content de la grande notoriété des
produits équitables, même les bénévoles qui luttent depuis plusieurs années pour aider les petits producteurs des pays défavorisés.
Même pour un HEC comme Tristan le commerce équitable est loin d'être évident car sa société a bien failli perdre le sens de son travail, un travail sur elle même lui a permit de retrouver du
sens. Comme il le dit lui même sa motivation c'est du "jubilatisme militantoire".
Quelques chiffres tirés de l'émission :
Le commerce équitable représente 1,250 Milliards de dollars dans le monde, mais ne représente que 0,02% des échange mondiaux. Il y a 5 millions de producteurs qui vivent du commerce équitable
dans le monde. Et en Europe plus de 200 organisations travaillent dans ce milieu.
Ce soir France 2 va diffuser une émission sur le commerce équitable dans l'émission complément d'enquête présentée par Benoît DUQUESNE à 23h15.
Intitulée "La France autrement, c'est possible !", voici un aperçus de ce sommaire sortie du site France 2:
"La France vient d’élire un jeune président de 52 ans. Son crédo de campagne : « débloquer » le pays, le réformer, lui donner un nouvel élan. En France, des particuliers, des entreprises, des
communes ont opté chacun à leur façon pour une « rupture tranquille ». Rupture de nos habitudes de consommation, de production. Ils ont trouvé des solutions aux problèmes écologiques, de pouvoir
d’achat, de chômage, ou de représentation politique. Peut-on travailler, faire du commerce, de la politique et même habiter autrement ? Comment et avec quelles recettes ? Peut-on imposer ces
solutions originales partout en France ? Dans Complément d’enquête, des hommes d’affaires solidaires, des pionniers de l’écologie, des salariés heureux ou des immigrés de deuxième ou troisième
génération nous font découvrir une France qui a bousculé les règles et surmonté les blocages."
Le détail du sommaire :
- La "Scop-Option" concerne les salariés qui ont racheté leur entreprise pour la diriger en coopérative et partager la richesse.
- Un business équitable, principalement sur Tristan LECOMTE pour savoir comment il a réussi et toute la chaîne du producteur au consommateur.
- Le village des écolos irréductibles, reportage sur Silfiac, village engagé dans le développement durable et soutenu par la fondation Nicolas HULOT.
- Des "beurs" à l'assemblée, le parcours d'une mère de famille d'origine algérienne qui se présente aux législatives, les difficultés du métissage.
Suite à l'émission je vous promets des réactions à chaud concernant tout d'abord le commerce équitable et ce qui c'est dit, puis par la suite sur les autres reportages.
www.france2.fr
FINE* définit le commerce équitable comme «un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de
parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et
des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète.
Les organisations de commerce équitable (soutenues par les consommateurs) s’engagent activement à soutenir les producteurs, à sensibiliser l’opinion et à mener campagne en faveur de changements
dans les règles et pratiques du commerce international conventionnel.»
*Forum rassemblant les quatre principales fédérations internationales de commerce équitable (EFTA, IFAT, FLO et NEWS)